• C'était le 25 mars 2010

    Bonjour, je vous avouerais que je  n'aime guère ces derniers jours du mois de mars, trop de mauvais souvenirs remontent à la surface, souvenirs d'une période abominable, de journées passées dans l'angoisse et le déchirement.

    Demain il y aura déjà 7 ans que mon mari a fermé ses paupières mais avant que celles-ci ne se ferment à tout jamais il a souffert le martyr et nous étions toutes impuissantes, le docteur, les infirmières des soins palliatifs, ma fille et moi.

    Quelques jours, 3 exactement j'avais écris un texte pour tenter d'apaiser un peu mon chagrin, même si je savais que la fin était toute proche, une fin qui serait une délivrance pour cet homme dont le cancer le rongeait de l'intérieur en lui infligeant de terribles souffrances.

    Et hier dimanche 26 mars 2017, je me suis acharnée à retourner tout un lopin de terre, j'avais l'impression qu'a chaque coup de bêche j'enterrait un peu de ma colère et de mon chagrin.

    A l'opposé de certaines ou certains d'entre-vous qui ont confiance en l'avenir et qui salue chaque jour comme une nouvelle aventure, moi je ne vois pas mon avenir agréable, car je sais que chaque jour qui naît seras le même que hier et qu'aujourd'hui...

    Il sera la copie conforme du précédent, je me lève seule, je mange seule, je me balade seule, je m'endort seule.

    Mais je me dit que c'est mon destin et que je dois faire avec.

    Demain je vous posterais comme chaque année le très beau texte que ma fille à écris après le décès de mon mari.

    Cigalette

     

    J'aimerais tant te dire...

     

    Parcourir de mes yeux fatigués, ces doux mots qui forment un poème, m’apporte comme un brin de réconfort, un écho de je t'aime.
    La lente agonie de ton corps meurtri est pour moi comme d'innombrables écorchures sur ma peau desséchée par mes larmes salées emportées par le vent de la réalité.

    J'aimerais tant trouver des paroles apaisantes enrobées de caresses, qui déposeraient sur tes organes rongés, comme un baume cicatrisant, un emplâtre protecteur.
    Comment te dire ce que mon cœur chagrin aimerais te confier, il déborde d'amour, de tendresse, de mal être, mais aussi de faiblesse, de colère et de haine.
    J'ai besoin de te dire, que toutes ces années passées à tes côtés, ont été pour moi comme une mer dont les vagues successives m'ont apporté, savoir, amour, bonheur, mais aussi chagrin, éraflures, tristesse et tourments.
    Bref, une mer déferlantes de divers sentiments qui peuplent la plage de nos existences, mais notre arche a tenu bon contre les vents et les tempêtes amenées par les remous de notre destinée.
    Mais aujourd'hui, te voire là assis sur ta couche froissée par tes nuits agitées, par tes nuits de combats me laisse dans la bouche comme un goût d'incompréhension et d'impuissance.
    Toutes ces minutes sombres, où tu lutte, où tu épuise tes dernières forces au chapelet des heures noires.
    J'appréhende le jour où tu fermeras tes volets sur tes fenêtres brisée par les projectiles du cancer, où tu baisseras le rideau sur le dernier acte de ta vie et où tu t'envoleras vers l'apaisement divin.
    Pourtant, je saurais qu'a ce moment là l'ange de la libération t''emportera sur ses ailes afin de t'emmener vers le repos éternelle où tes souffrances
    disparaîtront dans l'abysse de l'au-delà, de l'inconnu, de l'éternité.
    J'ai envie de hurler, de crier à la face du monde de demander à celui qui gère notre vie ici bas d'abréger tes souffrances, de t'octroyer quelques heures de répit, mais en vain les mots restent enfouis au fond de ma gorge.
    Alors pour apaiser mon courroux, j'ouvre un recueil de poésies et ces vers couchés sur la feuille glacée ont un pouvoir un peu magique d'estomper pour quelques instants mes angoisses, ma hargne, mon agressivité.

    Texte écris après une énième nuit de pleurs, de gémissement
    s, une nuit de souffrances inutiles...
    Mes oreilles sont meurtries par ses plaintes, bien souvent il dépose sa tête sur mon épaule et déverse ses larmes de rages et d'épuisement sur mon corps impuissant.
    Ecris le 25 Mars 2010, 3 jours avant sa mort !

    Cigalette

    C'était le 27 mars 2010

    Mon mari 3 jours avant sa mort

    C'était le 27 mars 2010

    C'était le 27 mars 2010

    Merci à vous toutes et tous d'êtres là à portée de clavier pour m'aider à continuer mon chemin et à briser un peu ma solitude.

     

     

     

     

     

     


  • Commentaires

    1
    annie31
    Lundi 27 Mars à 08:40

    Bonjour Cigalette,

    Merci d'avoir mis une photo de votre mari, on voit bien que c'est un homme en souffrance. J'allume une bougie pour cette difficile journée pour vous et pour le souvenir de votre mari.

    Je ne comprends pas pourquoi on laisse souffrir quelqu'un dans ses derniers moments, pourquoi ne pas le placer dans un coma artificiel et le laisser s'éteindre doucement comme ils ont fait pour mon beau-frère.???

    Bon courage à vous. Gros bisous.

     

     

     

      • Lundi 27 Mars à 13:52

        Bonjour Annie et merci, oui il a souffert surtout le dernier jour, le docteur lui augmentait sa dose de morphine et enfin à 20h50 il s'est éteins!

        Je vous souhaite une aussi belle journée de soleil que chez moi, bisous

    2
    Lundi 27 Mars à 09:02

    C'est trop triste oui 

    Bien du monde souffre comme toi la disparition d'un être cher 

    Hélas

     je te comprends, tu as bien fait d'écrire .........

    Bisous Francine

      • Lundi 27 Mars à 13:53

        Oui Rose écrire n'efface pas les souvenirs ni font disparaitre la souffrance mais cela apaise, merci bonne journée

    3
    Lundi 27 Mars à 09:34

    un texte très émouvant

    belle journée, cigalette

      • Lundi 27 Mars à 13:53

        Merci Yvon belle journée à toi également

    4
    Lundi 27 Mars à 09:36

    Je ne peux que répéter ce texte : "Il y a des souffrances qui se hurlent seul dans la nuit, que personne ne pourra comprendre tellement elles sont intimes et irréparables. On ne guérit pas de toutes nos souffrances, ni de toutes nos blessures, ON APPREND A VIVRE AVEC". 

    Douces pensées ma Cigalette et gros bisous

      • Lundi 27 Mars à 13:54

        Oui Lili, les souffrances et les blessures ne s'effacent pas, on apprend au fil des jours à vivre avec, merci bonne journée bisous

    5
    Lundi 27 Mars à 09:42

    Les mots ne guérissent pas les maux mais les soulagent, tu as bien fait d'écrire ces lignes, témoignage poignant de ce que vous avez vécus jusqu'au bout ensemble.

    Je pense à toi

      • Lundi 27 Mars à 13:55

        Oui Abécé, écrire soulage en effet, merci bonne sournée

    6
    Lundi 27 Mars à 11:06

    Malheureusement je n'ai que des mots, de pauvres mots pour te dire que par la pensée je suis avec toi et comprend ta peine, car mon mari s'en est allé aussi et il faut apprivoiser la solitude tous les jours, et je sais par expérience que ce n'est pas facile. Mais  c'est sincère.

    Les textes que tu as mis sont de toutes beauté et m'ont émus jusqu'aux larmes.

    Je te souhaite bon courage pour affronter tes journées

      • Lundi 27 Mars à 13:56

        Merci Livia, oui il faut apprivoisé la solitude, chose très difficile surtout certain jour, mais au fil des jours avec un peu de courage on y arrive doucement mais jamais totalement, bonne journée

    7
    Lundi 27 Mars à 13:28

    Bonjour Cigalette,

    Un texte émouvant que tu as écrit.

    Personne n'a le même chemin, le même avenir.

    Je te souhaite du courage pour la suite.

    Bien amicalement

      • Lundi 27 Mars à 13:57

        Merci Chris et non chaque personne, chaque vie est différente et il faut faire avec! merci bonne journée bisous

    8
    josie
    Lundi 27 Mars à 18:47

    bonsoir cigalette , trop émouvant, la vie est trop cruelle comme tu  dis on ne  guéri jamais  vraiment de nos  blessures, certaines sont marquées a vie, le chemin pas le meme pour tous, souffrir de voir les gens ainsi et certains  des années, la médecine pas au top   non plus, cette saleté de maladie en progression, une pensée pour jp demain ma cigalette, mari a été a cet après midi aux obsèques d une voisine  meme maladie, elle et son mari ont été deux mois en guadeloupe,  déja  trois décès depuis décembre mari a été,  courage tu en a, le   beau  temps revient, le temps passe les souvenirs restent,  bonne soirée, bisous.

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