• Bonjour, ce matin je vous offre un nouveau châpitre de mon histoire " Mon enfance à Verte Campagne" 

    Dans cette partie tout ce qui est écris est véridique, ce sont de véritables souvenirs de mon enfance, des souvenirs que l'ont oublie pas.

    Je vous souhaite une bonne lecture, Cigalette

     

     

    Deux mois après mon arrivée, le village avait retrouvé son calme.

     

    Je ne tarde pas à répéter les mots que maman et marraine me susurrent à longueur de journée.

     

    Bien vite, j’ajoute les «maman et marraine» à mon vocabulaire; comme «pipi, caca, popo, miam miam, viam (pour

    viande) et bibiche», dès que je vois du vermicelle dans la soupe.

     

    Mon plus grand plaisir est de trotter derrière maman, surtout quand le moment est venu de nourrir les poules, et de

    récolter les œufs dans le poulailler.

     

    Maman tire le verrou de la porte de l’ancienne porcherie, et dans un immense tonneau en bois cerclé de fer, elle puise les

    graines pour les gallinacés.

     

    Tous ces volatiles caquetants se précipitent autour de nous et se disputent les grains de maïs.

    Mes premiers pas à la campagne

    PIXABAY

     

    Maman me remplit un petit récipient avec les céréales et je leur lance, non sans crainte quand l’une d’entre elle

    s’approche un peu trop de moi.

     

    Maman fait une réserve d’œufs pour l’hiver, elle les immerge dans un grand pot en grès remplis de saumure de sel.

    Mes premiers pas à la campagne

    Photo du net

     

     

    Ce pot se trouve en bas des escaliers de la cave, le seul endroit où je ne vais jamais seule, cette pièce froide et sombre

    m’effraye un peu, car araignées et souris s’y côtoient.

     

    Cette cave est divisée en deux, dans la partie gauche on y entrepose les pommes de terre récoltées au potager, et dans

    la seconde, la réserve de nourriture conditionnée en pots de grès ou dans le garde-manger.

     

    Pour pallier aux fortes pluies et à la fonde des neiges, le garde-manger, est surélevé au moyen de briques, pour que ce

    dernier n’entre pas en contact avec l’eau qui pourrait s’infiltrer par le soupirail.

     

    De simples dalles sont posées sur la terre battue de la cave, j’aime le bruit que fait l’eau sous les pierres plates.

     

    Alors, je m’amuse à poser mes pieds sur deux pavés côte a côte, je m’appuie d’abord sur une jambe, puis sur l’autre et

    l’eau lèche les dalles et mouille le bout de mes bottes.

     

    Les longues soirées d’automne et d’hiver, c’est à la chaleur et à la lueur du poêle au charbon que nous les passons.

     

    Maman me raconte des histoires, mes deux préférées sont le loup et les sept chevreaux et peau d’âne.

    Mes premiers pas à la campagne

    PIXABAY

     

    Bien souvent je n’entends pas la fin de l’histoire, je m’endors sur les genoux de marraine.

     

    Elle se lève alors avec précaution et me porte dans le lit situé juste au-dessus de la cuisine. Maman a pris soin de glisser

    une bouillotte sous la literie, pour atténuer le froid, étant donné que dans les chambres, il n’y a pas de chauffage, juste

    une grille d’aération sous le lit.

     

    Les nuits où il gèle à pierre fendre, les vitres de la chambre sont de véritables chefs-d’œuvre de givre.

    Mes premiers pas à la campagne

    Ma photo prise un hiver ici sur la vitre du palier

     

     Ces matins-là, dès que j’ouvre les yeux, et malgré l’interdiction qui m’a été donnée de ne pas descendre du lit toute

    seule, je me coule avec précaution hors de la couche et me dirige vers la fenêtre.

     

    Je m’assois sur la malle de bois et mon imagination d’enfant discerne tout un monde imaginaire et féerique sur le carreau.

     

    Malgré toute ma vigilance, dans l’instant qui suit, maman s’assied sur le bord du lit, un sourire aux lèvres.

     

    Elle me demande alors, ce que j’ai découvert aujourd’hui, comme animaux étranges sur la vitre.

     

    Alors, je quitte mon lieu d’observation et je mets ma tête sur ces genoux pour mon premier câlin de la journée.

    Mes premiers pas à la campagne

    PIXABAY

     

     

     


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  • Bonjour, ce matin je vous offre encore un extrais de mon histoire " Mon enfance à Verte Campagne " cette fois j'ai choisi, le chapitre où je découvre la légende de saint Nicolas et où le grand saint avait déposé sur la table de la cuisine ma première poupée.

    Première poupée qui hélas je n'ai plus car tout ce qui m'appartenait a été jeté par ceux qui ont hérité de la maison de " maman et marraine " pour rappele ces deux personnes étaient sœurs et avait fait la demande pour avoir la garde d'une petite fille.

    C'est donc chez ces deux demoiselles célibataires que j'ai été éduquée et choyée durant près de 10 ans.

    Mais grâce à ma regrettée amie Marie et aussi à Camille j'ai le bonheur d'avoir le sosie de ma première poupée " Patricia ", cette poupée appartenait à Camille et je la garde précieusement car elle fait partie un peu de mon enfance, même si ce n'est pas la vraie.

    Et ce matin j'ai enfoncé sur la tête de Patricia un bonnet de Noël et une écharpe et elle trône sur la cheminée.

    Je vous souhaite une bonne lecture, Cigalette.

    Ma première poupée

     

    Quand octobre arrive, une effervescence règne dans la maison.

     

    Un soir, marraine me conte, la légende de Saint Nicolas.

     

    Je l’écoute avec la plus grande attention, puis j’éclate en sanglot, quand j’entends que le boucher tue les trois petits enfants.

     

    Mais le récit se termine, je suis soulagée d’apprendre que saint Nicolas les a ressuscités.

     

    Maman me confie, que si, je suis bien sage, Saint Nicolas déposera un biscuit et peut-être un jouet dans la cuisine.

     

    Fin octobre nous allons aussi nettoyer les tombes familiales au cimetière. Maman enlève les mauvaises herbes entre les deux tombes et brosse les

    pierres.

     

    Le 31 Octobre nous retournons au cimetière pour déposer une jolie potée de gros chrysanthèmes blancs comme la neige, il y en a sur toutes les

    tombes, c'est très beau.

     

    Le 1er novembre lorsque je me lève, je regarde par la fenêtre et j'appelle maman ; « maman regarde tout est blanc au cimetière, il y a des fleurs

    partout.»

     

    Mais tu verras, si jamais on annonce de la gelée pour la nuit tout le monde ira rechercher ses potées pour les mettre à l’abri ; nous aussi et on les

    reportera le lendemain.

     

    Et voici déjà Décembre qui pointe le bout de son nez et la maîtresse nous demande si nous connaissons l’histoire de Saint Nicolas, et c’est avec

    fierté que je lève mon doigt et que devant tous mes petits camarades, je raconte la légende.

     

    Le mardi cinq décembre au soir c’est avec enthousiasme que je dresse la table pour le grand Saint.

     

    Je dépose sur la table recouverte d'une toile cirée une tasse avec deux sucres, un biscuit et la carotte pour son âne.

     

    Le soir venu, c’est avec des rêves plein la tête que je m’enfonce bien sagement sous le gros édredon, empressée d’être le matin.

     

    A mon réveil le lendemain, les décorations de givre sur la fenêtre n’ont aucun effet sur moi.

     

    Toute à la hâte de découvrir ce que saint Nicolas m’a apporté, je réveille maman et de mes petits bras, je tente de la tirer hors du lit.

     

    Elle me soulève bien vite du plancher et me prend dans ses bras pour descendre les escaliers, mon petit cœur cogne très fort sous ma chemise de

    nuit.

     

    Il me semble, que l’odeur du café est plus prononcée que d’habitude, marraine s’affaire déjà dans la cuisine.

     

    Maman pousse la porte qui donne sur la cuisine, bien vite je me précipite vers la table.

     

    J’aperçois, une assiette avec deux oranges, un spéculoos et des nic-nac, et juste à côté une poupée.

     

    Je ne me lasse pas de la retourner dans tous les sens.

     

    Une particularité retient toute mon attention : ses yeux.

     

    Je reste perplexe quant au fonctionnement de ces deux perles bleues qui disparaissent derrière les paupières comme par enchantement dès que

    je la couche.

     

    Puis cette odeur de caoutchouc me monte un peu à la tête, je me risque à mettre une de ses mains dans ma bouche, je désenchante vite, il n’y a

    aucun goût!

     

    Je m’applique à lui enlever sa robe et j’examine attentivement les articulations de ses membres, les compare avec les miennes, je n’ose tirer

    dessus de peur de lui faire mal.

     

    L’heure de partir à l’école est arrivée, j’emmène Patricia, c’est le nom que j’ai donné à ma poupée.

     


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  • Bonjour ce matin je vous offre encore un extrais de mon histoire: Mon enfance à Verte Campagne.

    Comme Noël arrive à grands pas, j'ai choisis le chapitre où nous préparons la crèche et le sapin, bonne lecture.

    Cigalette

     

     

     

    Derniers jours d’école, avec la maîtresse, nous installons la crèche et le sapin. Madame nous raconte l’histoire du petit Jésus.

     

    Aujourd’hui 21 décembre, début des vacances scolaires d’hiver.

     

    Noël approche à grands pas, maman descend la crèche du grenier et déballe les boules en verre soufflé et scintillant.

     

    Un à un les personnages de, Marie, Joseph, le bœuf, l’âne, les agneaux, les anges, sont ôtés de leurs feuille de papier de soie et posés délicatement sur la table.

     

    J’obéis bien aux ordres de marraine ; surtout ne pas toucher, ces petits personnages sont très délicats, ainsi que les boules de Noël.

     

    Maurice, le voisin, nous amène un grand sapin, munis à son pied de deux planches, clouées en croix, afin qu’il tienne bien debout à côté de la crèche.

     

    Maman me permet de jouer avec les cheveux d’ange, en attendant qu’elle les dépose sur les branches, je croyais que c’était de vrais cheveux coupés sur la tête des anges.

     

    Petit à petit le sapin s’habille de mille couleurs, à son sommet, marraine y glisse une grande flèche.

     

    De petits bougeoirs en forme d’étoile et munis d’une pince sont accrochés aux branches, et de petites bougies torsadées, bleu ou rose y prennent place, et fignolent le tout.

     

    C’est au tour de la crèche d’être mise à la bonne place. Marraine tire une chaise tout contre la table, et me dépose sur le siège, pour que je puisse suivre les moindres gestes de maman.

     

    Celle-ci, éparpille un peu de paille sur le plancher de la crèche, ensuite positionne chaque personnage à sa place.

     

    Dans le fond, elle dépose l’âne, le bœuf, et devant ceux-ci, Marie et Joseph.

     

    « Maman, tu oublies le petit Jésus !» Non ma chérie le petit Jésus n'est pas encore né on le mettra lorsque l'on reviendra de la messe de minuit.

     

    J'aime cette fête, j’atteste ma joie en frappant dans mes deux mains.

     

    Marraine dépose sur la table, un joli bougeoir, quatre anges dorés, munis d’une tige qui tourne grâce à la chaleur que dégage les bougies.

     

    Les petits bâtons de fer heurtent deux cloches qui émettent un doux carillon.

     

    Maman le transporte dans la chambre du haut et le dépose sur sa table de nuit, elle rallume les quatre bougies, et c’est avec le tintement cristallin du bougeoir que je m’endors.

     

     

     

     

    Le lendemain matin dès que j’ouvre les yeux, il me semble que la lumière du jour est plus claire que d’habitude, et aucun bruit ne parvient à mes oreilles.

     

    Je veux absolument en connaître la raison, à l’instant, je mets un gros baiser sonore sur les cheveux de maman.

     

    Je lui montre la fenêtre, et tire une des manches de sa chemise de nuit.

     

    Maman chausse ses pantoufles, me prend dans ses bras et se dirige vers la fenêtre, où là, j’aperçois de la neige.

     

    Un magnifique manteau blanc recouvre toute la cour, ainsi que le tilleul, la rue et les haies, je suis fascinée par ce spectacle.

     

    Je n'avais jamais vu autant de neige !

     

    Marraine prépare mon petit déjeuner ; dans un grand bol, elle me verse un peu de café, rajoute beaucoup de lait et découpe une grosse tranche de pain qu’elle immerge dans le liquide bouillant et dépose une grosse noix de beurre sur le tout.

     

    Je suis fascinée par le beurre qui en fondant dessine des petits anneaux jaunes sur le mélange, elle rajoute un peu de sucre fin, et je plonge ma cuillère dans le brouet.

     

    Je suis bien vite rassasiée, je suis prête pour partir jouer dans la neige.

     

    Maman m’habille chaudement, elle m’enfile plusieurs couches de vêtements sur le dos, termine par une grosse cagoule que marraine a tricotée.

     

    Elle décroche une longue écharpe, me la passe autour du cou, la croise sur ma poitrine et la noue dans mon dos, je suis parée contre le froid.

     

    Je ne sais de quel côté me diriger, il y a du blanc partout autour de moi, sous mes bottines, la neige crisse et le dessin de mes semelles est sculpté dans la neige.

     

    J’essaye de saisir un peu de neige dans mes mains, mais je n’y arrive pas à cause de mes moufles.

     

    Je me tourne vers maman, elle me dit que je peux les enlever, mais que je vais avoir très froid aux mains.

     

    Tant pis, j’ai trop envie de saisir un peu de neige et de voire quel effet cela fait, je ne la garde pas bien longtemps, car mes doigt deviennent tout rouges et cela me pince, je fonds en larmes !

     

    Maman me prend dans ses bras et me console. « Voilà c’est tout, on va rentrer, il fait trop froid »

     

    Tandis que marraine qui nous regardait par la fenêtre, se précipite dehors, inquiète de m’entendre pleurer.

     

    Je retiens la leçon, je n’enlève plus mes moufles, ça fait trop mal!

     

    Les jours suivants, je m’habitue au froid, le fils adoptif des Bruxellois m'a construit un beau traîneau avec une caisse en bois et des morceaux de fer récupéré sur les paquets de briquettes de charbon.

     

    Maman m'autorise à faire des glissades avec mon traîneau dans le pré derrière la maison, ainsi elle garde les yeux sur moi.

     

     

     

    Ensuite, j’aide maman et marraine à construire un bonhomme de neige. Nous lui mettons deux boulets de charbon pour ses yeux, une carotte pour le nez et une écharpe autour de son cou.

     

    J’ai comme l’impression qu’il me regarde, quand je suis derrière le rideau de la fenêtre de la cuisine.

     

    Marraine lui a piqué un bâton en guise de bras, et maman a retrouvé une pipe dans le grenier, elle lui a enfoncé dans sa bouche.

     

    Les jours suivants je préfère rester bien au chaud près du poêle, car dehors il gèle très fort, et comme mon nez coule un peu, maman veut que je ne sorte pas durant un petit temps.

     

    Surtout que dans deux jours, c’est la fête de Noël, je veux être en forme pour la messe de minuit. J’aime le temps de l’Avant, de jolies chansons sont diffusées sur le poste radio.

     

    Petit papa Noël, trois anges sont venus ce soir, chanté par Tino Rossi, Noël blanc de Luis Mariano et Dalida chante Douce nuit.

     

    Le facteur vient d’entrer et dépose le courrier sur la table, maman lui verse une bonne jatte de café bien chaud.

     

    Marraine à l’aide d’un couteau ouvre le dessus des enveloppes, de jolies cartes s’étalent les unes après les autres sur la toile cirée.

     

    Il y en a une de tante Laurette de Préale, une de tante Madeleine, qui est religieuse à Bironville, une autre du cousin George de Rochevaux.

     

    La veille avant le jour de Noël, il tombe beaucoup de neige, l’épaisseur du tapis blanc a encore augmenté !

     

    Maman se demande si on pourra descendre le petit chemin pour se rendre à la messe, bien qu’elle pense que la maman de Marcelin aura recouvert la neige avec les cendres de son poêle.

     

    J’ai hâte d’être le lendemain soir, car pour une fois je ne me coucherai pas tôt, bien que j’aie une petite crainte de sortir quand il fait nuit.

     

    Le lendemain maman veut que je fasse une sieste, car me dit-elle : « ce soir tu iras coucher très tard »

     

    Enfin, l’heure est arrivée de se préparer, marraine m’habille chaudement, ensuite, elle glisse de vieilles chaussettes au-dessus de ses bottines, maman fait de même.

     

    Nous nous mettons en route, nous rencontrons d’autres personnes avec leurs enfants qui suivent la même direction que nous.

     

    Ce soir, tout le village se réunis à l’église, pour prier et chanter les cantiques de Noël, et glorifier la naissance du petit Jésus.

     

    Que c’est beau ! Une grande crèche a été dressée dans le fond de l’église, les personnages sont plus grands que moi, deux grands sapins entourent l’étable illuminés de mille feux.

     

    Dans le cœur, une chorale chante le Gloria, je sens comme des frissons me parcourir les bras, tellement je suis émerveillée par tant de beauté.

     

    Quand j’ouvre mes yeux, je suis étonnée de ne plus me trouver à l’église, mais bien dans le lit, je me suis endormie avant la fin de la messe.

     

    Maman dort encore, je ne la réveille pas, je me colle contre elle, j’ai encore les cantiques qui résonnent dans ma tête.

     

    Ce Noël blanc à Verte Campagne était un peu féerique, comme dans mes beaux livres de contes.

    Noël à Verte Campagne

    Noël à Verte Campagne

    La maison où j'ai grandis

     

     


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  • Bonjour dans cette nouvelle rubrique je vous posterais quelques extrais de " Mon enfance à Verte Campagne " dans cette histoire que j'ai écrite, j'ai essayé de rassembler les souvenirs les plus beaux et les plus importants qui me sont revenus en mémoire.

    Mais il me fallait trouver un moyen pour que cela tienne la route, alors je me suis imaginée retourner pour quelques jours à Verte Campagne afin d'essayer de trouver des réponses aux questions qui me tourmentaient depuis des années.

    Pour vous faciliter la lecture et vous y retrouver, les phrases en gras et précédées d'une * sont véridiques.

    Dans ce récit il y a du " VRAI " mais aussi du " FAUX " car ma mémoire me fait défaut surtout pour les dates et certains événements, surtout celui où d'un jour à l'autre je me suis retrouvée en pension.

    J'ai un énorme " blanc " juste quelques flashs comme je me vois endormie sur une banquette arrière d'une voiture, ou encore une religieuse qui me pousse avec vigueur devant elle...

    Je ne me rappelle aucunement le trajet depuis la maison de ma famille d'accueille où j'étais jusqu'au pensionnat pour enfants du juge, pourtant il y a une bonne heure de trajet pour parcourir 87 kilomètres.

    Et sachant qu'à cette époque ( 1966 ) les voitures ne roulaient pas aussi vite qu'aujourd'hui!

    Si j'avais su que l'on m'enlèverais de maman et marraine je me serais enfuie dans la forêt pour ne pas partir!

    Alors j'ai " broder " autour des seuls souvenirs qui me sont venus en tête.

    Mais ce qui est étrange c'est qu'il y a quelques années j'avais retrouvé via  internet une personne du village et lorsque je lui ais posé cette question; Pourquoi et comment s'est déroulé mon départ de Verte Campagne, je n'ai jamais eu de réponse ce fut le grand silence! 

    Alors je n'ai pas insisté, le passé est le passé, je me contente du présent.

    Soyez indulgent quand aux fautes, je n'ai plus de cartouche d'encre pour mon imprimante donc impossible d'imprimer mon histoire afin de la faire corriger par ma voisine, si vous trouvez des fautes dite le moi c'est avec plaisir que je corrigerais.

    Cigalette

     

    Mon enfance à Verte campagne

     

     

     

    Le haut-parleur grésille, la voix suave du contrôleur annonce le prochain départ.

    Le train entre en gare, il commence à ralentir sa course, un chuintement des essieux, et enfin il se stabilise.

    C’est avec un pincement au cœur que je fais un dernier signe de la main à Josiane.

    Bien vite, les wagons s’ébranlent sur les rails et le train reprend de la vitesse.

    Dès que je suis bien installée sur la banquette, je me remémore mon séjour passé à Verte campagne et je fais le point sur le déroulement des événements.

    Je revois mon arrivée à cette même gare, il y a cinq jours.

    A peine descendue du train, j’avais aperçu, Josiane, plantée sur le quai n°3

     

    Nous avions changé toutes les deux, aujourd’hui, nous étions des quinquagénaires.

    Sur la route qui nous avait menées a Verte Campagne, elle m'avait confié.

     

    " Ma mère à une mémoire d’éléphant elle saura certainement t’aider dans ton enquête."

    Je l’avais remerciée d’avoir répondu aussi vite à ma requête.

    Je m’étais alors aperçue que, nous étions près du vieux cimetière, je lui avais demandé si cela ne l’ennuierait pas de faire une halte.

    Dès que j’avais poussé la grille, celle-ci avait grincé comme autrefois, le vieux cadenas rouillé avait l’air de ne pas avoir bougé d’un pouce depuis mon enfance ! À croire qu’il n’y avait plus personnes qui venaient s’incliner sur les tombes.

    A voire les mauvaises herbes recouvrir presque la totalité de l’épitaphe du caveau de maman et marraine, j’étais certaine que l’on venait rarement entretenir la concession.

    Après m’être recueillie un instant, j’avais rejoint Josiane qui patientait à l’extérieur.

    On y va ? Me lança-t-elle, maman doit nous attendre pour dîner, et pendant qu’elle fera sa sieste, je t’emmènerai faire le tour du village."

    Nous étions remontées en voiture et quelques minutes plus tard, nous nous arrêtions devant sa maison, sa mère était sur le pas de la porte.

    Louise c’était écriée:

    "Et alors les filles, vous aurez tout le temps de papoter durant cinq jours, le dîner est prêt, le roast-beef va être trop cuit !"

    Je n’avais pas encore ôté mon manteau, que Louise m'avait serrée contre sa maigre poitrine, et m’avait scrutée de ses petits yeux bleus délavés, puis s’était exclamée.

    "Tu n’as pas beaucoup changé, sauf que je te revois femme, et que tu nous avais quittée enfant !"

    Le repas terminé, nous nous étions toutes les trois assises dans de bons fauteuils Louis XVI, et là, Louise avait sollicité sa mémoire.

     

    J’avais pris soin de noter chaque détail à chacun de ces souvenirs et souligné ceux qui me semblaient les plus importants et les plus aptes à m’aider dans le récit de mon enfance.

    Chapitre 1

     

    *Aujourd’hui, à cinquante ans, je suis installée devant l’écran de mon ordinateur, une feuille blanche attend de se couvrir de mon histoire.

    Sur la tablette de mon bureau des feuilles éparpillées contiennent les renseignements recueillis lors de mon séjour à Verte Campagne.

    Bien vite mes doigts pianotent le clavier et les premiers mots se couchent sur la page…

     

    J’ai à peine deux ans.

    Je ne comprends pas encore tout très bien, et peut être que je ne comprendrai jamais.

    Par contre je sais très bien exprimer ce que je ressens au fond de moi, alors j’ai pensé que je pourrais vous retracer les premières années de mon enfance.

     

    *Ma vie commence le 10 mai 1955, un mardi soir. 

    *Quelques parts dans une maternité, une jeune fille à peine âgée de seize ans ressent les premières douleurs de l’enfantement, elle est allongée là, sur un lit.

    Elle est seule avec la sage-femme, la future mère à très chaud, la sueur dégouline sur son visage, et dans son cou.

    Après de longues heures d’efforts et de travail, la délivrance est enfin là, je viens de pousser mon premier cri.

    Cinq minutes après ma naissance, on ligature l’ombilic puis on le coupe.

    Pourquoi ne me dépose-t-on pas sur le ventre de maman? Que je puisse enfin sentir son odeur, toucher la peau de celle qui m’a protégée et portée pendant ces 9 mois?

     

    Pourquoi ne me laisse-t-on pas avec elle?

    Je crie, je pleure, je hurle, espérant encore la revoir, mais en vain !

    Une infirmière, bien vite s’empare de moi, et m’emmène hors de la chambre,

    Emmitouflée jusqu’aux oreilles, on m’emmène à travers le dédale de l’hôpital.

    L’infirmière pousse une grande porte vitrée derrière laquelle, sont alignés des petits lits en fer blanc, où vagissent une multitude de petits êtres comme moi.

    Bien vite le pédiatre me débarrasse de mon lange en coton blanc, il me pèse, mesure le périmètre de mon crâne, de ma taille.

    Il palpe mon abdomen, il examine mes pieds et mes jambes, mon cou, mes clavicules, mes yeux, ma bouche, mes oreilles, rien ne lui échappe.

    Ensuite on me donne mon premier repas, dans une bouteille en verre, munie, d’une tétine en caoutchouc, après quoi, on me dépose dans un petit lit identique aux autres.

    C’est là que je m’éveille à la vie, seule dans mon petit lit, l’infirmière me prend juste pour me laver, me peser et m’examiner, et me nourrir a heure régulière.

     

    Je ne revois pas ma maman, jamais une bouche n’effleure ma petite figure, jamais une main ne caresse mes cheveux blonds.

     

    Une semaine après ma naissance, une dame que je n’ai jamais vue, m’extirpe de ma couche, je suis toute contente, je vais certainement retrouver ma mère.

    Je désenchante vite, car ce n’est pas elle que je retrouve, mais d’autres personnes, qui vont s’occuper de moi.

    Si maman ne me réclame pas endéans vingt-quatre mois, ils se chargeront de me trouver une famille d’adoption ou d'accueil.

    *Je porterais alors l’étiquette «enfant abandonné» et mes parents seront déchus de leurs droits.

     

     

    Mon histoire premier extrais

     

     

     


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