• Noël au temps de grand-mère

    Comme je vous l'avais écris il y a quelques jours, j'ai ressortis une petite nouvelle que j'avais écrite il y a déjà quelques années.

    Je pensais la faire corriger par ma voisine d'en face, mais elle est trop occupée avec les répétitions de la chorale et aussi divers concert qui se produisent dans les villages aux alentours.

    J'y ais rajouté quelques phrases pour que l'histoire soit un peu plus actuelle.

    Donc si vous décelez des fautes n'ayez pas peur de me le faire savoir.

    Cette histoire je l'ai écrite avec des bribes de souvenirs de mon enfance, Noël en 1958 était bien différent des Noël d'aujourd'hui, il n'y avait ni réveillon, ni cadeaux, juste le lendemain un repas un peu spécial avec une tante ou un oncle.

    J'ai choisi de garder les prénoms de mes petits-enfants, car c'est tout d'abord pour eux que j'ai écris cette nouvelle.

    Cigalette

     

     

    Un Noël au temps de grand-mère

     

    Angelina entre en coup de vent dans la cuisine, durant quelques instants un souffle glacial pénètre en même temps que la fillette:

     

    «Mamy, mamy où es-tu ?»

     

    La petite fille aux joues rougies par le froid décide de monter aux étages, peut être que mamy change les draps de lits pense-t-elle tout bas.

     

    Dès qu’elle se trouve dans la chambre arrière, elle aperçoit la porte du grenier ouverte «mamy? Es-tu là haut?»

     

     

     

    • Oui, oui, ma chérie, monte et viens m’aider, veux-tu?

     

     

     

    Angelina toute contente d’entendre la voix de sa grand-mère, bondit tel un cabri sur les marches en bois poussiéreuses qui mènent au grenier.

     

    « Mamy que faits-tu assise par terre par ce froid de canard? brrr! Il fait glacial dans ce grenier?»

     

    • Eh bien ma chérie, je cherche les boules de Noël et les décorations pour accrocher au sapin que Jean va nous apporter ce soir.

     

    «Oh! mamy comme je suis contente, ontpourra t’aider? Dis oui s’il te plaît»

     

    • Mais oui mon trésor mais à condition que vous fassiez très attention à ne pas laisser tomber les boules car elles sont très fragiles!

     

    «Promis mamy nous serons très prudents, mais dis-moi c’était comment les Noëls quand tu avais notre âge?»

     

     

     

    • Oh là!là! Ma chérie, attends que nous soyons redescendues et que ton frère et tes cousins soient de retour de leurs parties de luges.

    • Alors, nous nous mettrons autour du vieux poêle, et je vous raconterais comment ont célébrait Noël il y a bien, bien longtemps…

     

     

     

    Bien calée dans son fauteuil, grand-mère se mit à fouiller sa mémoire...

     

    Tout comme toi ce matin Angelina, un jour j’avais aperçu ma mère les bras chargés de petites boîtes en cartons descendre les escaliers avec prudence.

     

    Avec mille précautions, elle avait déposé ses cartons sur la petite commode qui se trouve devant la fenêtre de la pièce d’à coté.

     

    Ensuite à petits pas, elle s’était dirigée vers l’armoire murale où là, elle rangeait les nappes et les serviettes pour les grands jours.

     

    Je la revois encore...

     

    Elle avait choisi une nappe blanche, bordée de savantes et délicates dentelles crochetées à la main.

     

    Ma marraine qui se trouvait assise dans ce fauteuil, s'était levée pour aider sa sœur à en recouvrir la grande table.

     

    Ensuite elle plaça juste au centre un carré de tissu qu'elle avait récupéré d'un drap usé et l'étendit là où le sapin prendrait place.

     

     

     

    «Dis mamy, ta maman ne jetait pas ses draps de lits quand ils étaient troués?»

     

    • Non Maxime, elle ne jetait absolument rien, elle gardait tout, une vieille robe de nuit déchirée sous les bras ou au col, devenait des loques à poussières.

    • Les draps de lits usés étaient dans un premier temps rapiécés et quand ils devenaient alors impossibles à repriser, ils servaient à mille choses,

    • Ils devenaient alors serviettes, napperons ou tout autre objet utile.

     

    «Eh bien çà alors, éructa Angelo, «tu n'avais pas de poubelle alors?»

     

    • Non Angelo, les papiers nous les brûlions dans le poêle, les objets cassés en fer nous les mettions de côté et un marchand de ferraille comme on les appelait en ce temps là, passait les ramasser et nous donnait quelques centimes en remerciement.

    • Les déchets de nourriture ce sont les poules qui s’en chargeaient, et ce qu’elles ne mangeaient pas, était mis sur le tas de fumier.

    • Mais revenons à Noël, voulez-vous mes petits?

     

    «Oh! Oui mamy, dis-nous un peu comment était le sapin, blanc? Vert? Bleu? Petit ou grand?»

     

    • Non, non les enfants les sapins artificiels n’existaient pas encore.

    • C'était un vrai sapin bien vert et qui sentait très bon et qui venait directement de la sapinière et qui après une semaine perdait ses aiguilles.

    • Ce soir, ce sera Jean qui nous l’amènera notre sapin, quand j’étais petite c’était déjà son père Jacques qui s’en chargeait,

     

    «Dit-nous mamy et la crèche? Et les décorations étaient elles différentes chaque année?»

     

    • Seigneur Jésus ! Bien sûr que non Gianni, ce que tu vois ici dans ces boîtes ce sont toujours les mêmes boules que maman accrochait au sapin quand j’étais petite.

    • C’est pour cette raison que je vous demande d’êtres tous très prudents quand nous les accrocherons au sapin.

    • Ils en manquent quelques unes car il y en a bien une de temps en temps qui se décroche de la branche et qui tombe sur le plancher ou sur la nappe,

    • Alors elle se brise en petits morceaux, car elles sont en verre.

     

    Soudain, grand-mère éclata de rire en voyant les frimousses étonnées de ses petits enfants.

     

    «Qu'est-ce qui te fait rire mamy?» lança Angelina.

     

    • Oh ma chérie je ris en voyant vos mimiques, vous êtes tour à tour étonnés puis perplexes.

    • Tu sais Gianni avant tout la fête de Noël c’est se souvenir de la naissance du petit Jésus, mais ça tu dois le savoir puisque tu vas encore au cours de religion,

    • Le sapin c’est surtout une tradition qui nous vient paraît-il d’Alsace.

    • Enfin c’est celle que maman m’a contée un jour et aussi la légende sur les guirlandes, je vous les raconterais plus tard..

    • Aujourd’hui le sapin, les décorations s'est plutôt une affaire commerciale.

    • Et la crèche quant à elle, elle a tendance à disparaître des maisons, tout comme les cours de religions à l'école.

     

    Grand-mère caresse les boucles blondes du petit Angelo, puis elle repart dans ses souvenirs:

     

    • Quand le père de Jean avait cloué deux planches en croix à la base du sapin pour le faire tenir debout, maman approchait une chaise près de la table et je me mettais à genoux dessus.

    • Alors maman me montrait comment accrocher aux branches les bougeoirs en étoile où l'on mettait une bougie torsadée rose, bleue ou blanche.

     

    «Des bougies dans le sapin? s’écrie Maxime, et vous les allumiez?»

     

    • Oui, Maxime, mais juste le soir de Noël avant de partir pour l’Église et l’on restait toujours tout près.

    • Aujourd'hui se sont les guirlandes lumineuses qui remplacent les bougies c’est plus prudent, mais c'est moins beau.

    • Bref...Pendant qu’avec mes petits doigts j’accrochais les minuscules bougeoirs au sapin, maman et marraine suspendaient les boules délicates.

    • Regardez les enfants, certaines sont en formes d’oiseaux, d’autres imitent une goutte, ou une pomme de pin, ou même un ange.

     

    Au fur et à mesure que la grand-mère nommait la forme d’une boule, elle la sortait de la boîte et la tenait devant les yeux émerveillés de ses petits enfants.

     

    «Waouh! Dit Angelina, elles sont mille fois plus belles que celles de chez Mamina, les siennes ne brillent pas comme çà et ne ressemblent pas à des oiseaux ou à des anges, elles sont justes rondes ou avec des paillettes collées dessus et en plastique…»

     

    «Et la crèche lança Maxime, comment était la crèche?»

     

    • Eh bien mon garçon ici aussi tu vas voir la crèche c’est toujours celle que nous mettions en ce temps là, c’était le père José qui l'avait construite, il faisait partie de l’église Orthodoxe du village.

    • Il était menuisier au monastère et il avait décidé de me construire une crèche.

    • Regarde Maxime ce que tante Laure apporte là, la voici cette crèche, regardez mes enfants comme elle est belle, elle n’a pas changé depuis plus de 50 ans!

     

    Les yeux écarquillés, la petite ribambelle assaille grand-mère de questions, dis grand-mère c’est quoi çà? Et ceci? demande Angelina.

     

     

     

    Et grand-mère avec une patience infinie, répondait à ses petits anges curieux et avides de tout connaître.

     

     

     

    • Alors, la veille de Noël en attendant de partir pour la messe de minuit à l’Eglise du village, maman allumait les bougies sur le sapin.

    • C’était pour moi un mystère de voir les guirlandes agitées et qui scintillaient avec la chaleur des flammèches.

    • Marraine allait chercher une boîte où était rangées des baguettes fines, elle passait la flamme d’une allumette sur le bout de la baguette et mille petites étoiles éclataient, Comme c’était beau, des vingtaines d'étoiles d’argent crépitaient dans le noir, c’était merveilleux, magique... Oui magique…

    • Quand l’heure de partir pour assister à la messe de minuit était arrivée, marraine soufflait sur les bougies, alors une odeur de cire brûlée se répandait dans la pièce...

    • Maman alors m’emmitouflait dans mon manteau, puis mettait un gros bonnet sur ma tête et une écharpe croisée sur la poitrine.

    • Elle me chaussait de grosses bottines fourrées et nous prenions le chemin de l’Église.

    • Sur le chemin qui descendait au village, nos pieds faisaient crisser la neige durcie par le gel.

    • Lorsque nous pénétrions dans l'Eglise, mes yeux étaient émerveillés devant l'immense crèche illuminée qui se trouvait à droite de l’autel.

    • Il me semble encore entendre les cantiques chantés avec ferveur par les gens du village, c’était très émouvant, j’en avais des frissons, tant c’était beau.

     

     

     

    «Oh oui mamy cela devait être magique dit Maxime, magique et merveilleux.»

     

    • Dommage, aujourd’hui cela n’existe plus il n’y a plus cette ambiance chaleureuse des nuits de Noël de mon enfance répondit grand-mère.

    • Quand la messe était terminée, la sœur de monsieur le curé offrait un verre de vin à la cannelle aux adultes et un bol de chocolat chaud aux enfants.

    • Puis chacun se souhaitait un bon Noël et la foule se dispersait, les gens rentraient chez eux, les épaules enfoncées dans leurs gros manteaux, bras dessus, bras dessous.

    • Une à une les lumières aux fenêtres des maisons s’éteignaient, un grand calme enveloppait alors le village, qui s’endormait recouvert de son épais manteau de neige.

    • Le lendemain, les oncles, les tantes et les cousins, cousines arrivaient des villes voisines, dans chaque chaumière un festin était servi, c’était alors la fête.

     

    "Vous ne faisiez pas de réveillons le soir de Noël? Et le père Noël ne déposait pas de cadeaux sous le sapin? " demanda Maxime.

     

    • Cela n’existait pas à mon époque mon grand, il y avait juste saint Nicolas qui passait la nuit du 5 au 6 décembre.

     

    Angelina, Maxime, Angelo et Gianni se précipitèrent alors tout autour de la grand-mère, Maxime dit alors...«T'en fais pas mamy pour Noël tu auras plein de cadeaux de nous tous... Et il plaqua un gros baiser raisonnant sur la joue ridée de sa grand-mère.

     

    - Ah mes chéris, vos parents m'ont déjà offert un merveilleux cadeau, c'est de vous voir là tous les quatre réunis autour de moi.

     

    Tout à leur joie, des étoiles pleins les yeux, les enfants ne voient pas les larmes glisser le long des joues ridées de leur grand-mère.

     

    Grand-mère, toujours perdue dans ses souvenirs et épuisée par tant d'agitation autour d'elle s'endort le menton sur sa poitrine.

    Les enfants quittent la pièce sur la pointe des pieds, mais bien vite, dehors ils laissent éclater leur bonheur en pensant à la fête du lendemain soir.

    Noël au temps de grand-mère

     


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  • Commentaires

    1
    Dimanche 18 Décembre 2016 à 15:27

    Petit coucou du dimanche Cigalette

    Je reviens un peu plus tard dans la soirée pour lire ta nouvelle...

    Bises

    Béa kimcat

      • Dimanche 18 Décembre 2016 à 17:03

        Coucou kimcat ok bonne fin de journée bises

    2
    josie
    Dimanche 18 Décembre 2016 à 15:47

    bonjour cigalette, rho tu est  bonne en   français comme moi, rien a signaler , je n ai pas tout lu le paragraphe, dis hier tu avais mis un article, tu a enlevé, j avais mis un com, pas grave c était la vérité, il f fait plus frais le soleil ne pointe pas de trop,  bon dimanche, je le lirais, bisous,

      • Dimanche 18 Décembre 2016 à 17:02

        Merci Josie oui j'ai retiré l'article car certaines personnes se sentaient visées et écrivaient des commentaires pas très gentils, oui c'était la vérité mon article d'ailleurs j'ai plusieurs amies qui m'ont écris un mail, elles étaient toutes d'accords avec moi.

        J'ai une grosse migraine, je vais prendre un anti douleur, gros bisous

    3
    Dimanche 18 Décembre 2016 à 17:45

    Je pense que tes petits enfants seront heureux de lire ce conte ravissant écrit pour eux par leur mamie

      • Lundi 19 Décembre 2016 à 05:17

        Bonjour et merci Livia bonne journée

    4
    Dimanche 18 Décembre 2016 à 18:38

    Oh j'adore ton petit récit

    C'est une belle leçon de vie 

    Merci à toi Francine 

    Bonne soirée 

      • Lundi 19 Décembre 2016 à 05:18

        Bonjour Rose, je te remercie souvenirs d'enfance où la fête de Noël était complètement différente de celle d'aujourd'hui, merci bonne journée

    5
    Dimanche 18 Décembre 2016 à 21:39

    Me voici revenue Cigalette

    J'ai bien aimé ta petite histoire.

    Si tu me le permets je corrige tes fautes (je suis auteur et correcteur à Plumes et Talents Editions et j'ai l'habitude !)

    Angelina entre en coup de vent dans la cuisine, durant quelques instants un souffle glacial pénètre en même temps que la fillette:

     

     «Mamy, mamy où es-tu ?»

     

    La petite fille aux joues rougies par le froid décide de monter aux étages, peut-être que mamy change les draps de lits pense-t-elle tout bas.

     

    Dès qu’elle se trouve dans la chambre arrière, elle aperçoit la porte du grenier ouverte «mamy? Es-tu là haut?»

     

     

     

    • Oui, oui, ma chérie, monte et viens m’aider, veux-tu?

     

     

     

    Angelina toute contente d’entendre la voix de sa grand-mère, bondit tel un cabri sur les marches en bois poussiéreuses qui mènent au grenier.

     

    « Mamy que faits-tu assise par terre par ce froid de canard? brrr! Il fait glacial dans ce grenier?»

     

    • Eh bien ma chérie, je cherche les boules de Noël et les décorations pour accrocher au sapin que Jean va nous apporter ce soir.

     

    «Oh! mamy comme je suis contente, on pourra t’aider? Dis oui s’il -te-plaît»

     

    • Mais oui mon trésor mais à condition que vous fassiez très attention à ne pas laisser tomber les boules car elles sont très fragiles!

     

    «Promis mamy nous serons très prudents, mais dis-moi c’était comment les Noëls quand tu avais notre âge?»

     

     

     

    • Oh là!là! Ma chérie, attends que nous soyons redescendues et que ton frère et tes cousins soient de retour de leurs parties de luges.

    • Alors, nous nous mettrons autour du vieux poêle, et je vous raconterais comment ont célébrait Noël il y a bien, bien longtemps…

     

     

     

    Bien calée dans son fauteuil, grand-mère se mit à fouiller sa mémoire...

     

    Tout comme toi ce matin Angelina, un jour j’avais aperçu ma mère les bras chargés de petites boîtes en cartons descendre les escaliers avec prudence.

     

    Avec mille précautions, elle avait déposé ses cartons sur la petite commode qui se trouve devant la fenêtre de la pièce d’à coté.

     

    Ensuite à petits pas, elle s’était dirigée vers l’armoire murale où là, elle rangeait les nappes et les serviettes pour les grands jours.

     

    Je la revois encore...

     

    Elle avait choisi une nappe blanche, bordée de savantes et délicates dentelles crochetées à la main.

     

    Ma marraine qui se trouvait assise dans ce fauteuil, s'était levée pour aider sa sœur à en recouvrir la grande table.

     

    Ensuite elle plaça juste au centre un carré de tissu qu'elle avait récupéré d'un drap usé et l'étendit là où le sapin prendrait place.

     

     

     

    «Dis mamy, ta maman ne jetait pas ses draps de lits quand ils étaient troués?»

     

    • Non Maxime, elle ne jetait absolument rien, elle gardait tout, une vieille robe de nuit déchirée sous les bras ou au col, devenait des loques à poussières.

    • Les draps de lits usés étaient dans un premier temps rapiécés et quand ils devenaient alors impossibles à repriser, ils servaient à mille choses,

    • Ils devenaient alors serviettes, napperons ou tout autre objet utile.

     

    «Eh bien çà alors, éructa Angelo, «tu n'avais pas de poubelle alors?»

     

    • Non Angelo, les papiers nous les brûlions dans le poêle, les objets cassés en fer nous les mettions de côté et un marchand de ferraille comme on les appelait en ce temps là, passait les ramasser et nous donnait quelques centimes en remerciement.

    • Les déchets de nourriture ce sont les poules qui s’en chargeaient, et ce qu’elles ne mangeaient pas, était mis sur le tas de fumier.

    • Mais revenons à Noël, voulez-vous mes petits?

     

    «Oh! Oui mamy, dis-nous un peu comment était le sapin, blanc? Vert? Bleu? Petit ou grand?»

     

    • Non, non les enfants les sapins artificiels n’existaient pas encore.

    • C'était un vrai sapin bien vert et qui sentait très bon et qui venait directement de la sapinière et qui après une semaine perdait ses aiguilles.

    • Ce soir, ce sera Jean qui nous l’amènera notre sapin, quand j’étais petite c’était déjà son père Jacques qui s’en chargeait,

     

    «Dit-nous mamy et la crèche? Et les décorations étaient elles différentes chaque année?»

     

    • Seigneur Jésus ! Bien sûr que non Gianni, ce que tu vois ici dans ces boîtes ce sont toujours les mêmes boules que maman accrochait au sapin quand j’étais petite.

    • C’est pour cette raison que je vous demande d’êtres tous très prudents quand nous les accrocherons au sapin.

    • Ils en manquent quelques unes car il y en a bien une de temps en temps qui se décroche de la branche et qui tombe sur le plancher ou sur la nappe,

    • Alors elle se brise en petits morceaux, car elles sont en verre.

     

    Soudain, grand-mère éclata de rire en voyant les frimousses étonnées de ses petits-enfants.

     

    «Qu'est-ce qui te fait rire mamy?» lança Angelina.

     

    • Oh ma chérie je ris en voyant vos mimiques, vous êtes tour à tour étonnés puis perplexes.

    • Tu sais Gianni avant tout la fête de Noël c’est se souvenir de la naissance du petit Jésus, mais ça tu dois le savoir puisque tu vas encore au cours de religion,

    • Le sapin c’est surtout une tradition qui nous vient paraît-il d’Alsace.

    • Enfin c’est celle que maman m’a contée un jour et aussi la légende sur les guirlandes, je vous les raconterais plus tard..

    • Aujourd’hui le sapin, les décorations c'est plutôt une affaire commerciale.

    • Et la crèche quant à elle, elle a tendance à disparaître des maisons, tout comme les cours de religions à l'école.

     

    Grand-mère caresse les boucles blondes du petit Angelo, puis elle repart dans ses souvenirs:

     

    • Quand le père de Jean avait cloué deux planches en croix à la base du sapin pour le faire tenir debout, maman approchait une chaise près de la table et je me mettais à genoux dessus.

    • Alors maman me montrait comment accrocher aux branches les bougeoirs en étoile où l'on mettait une bougie torsadée rose, bleue ou blanche.

     

    «Des bougies dans le sapin? s’écrie Maxime, et vous les allumiez?»

     

    • Oui, Maxime, mais juste le soir de Noël avant de partir pour l’Église et l’on restait toujours tout près.

    • Aujourd'hui ce sont les guirlandes lumineuses qui remplacent les bougies c’est plus prudent, mais c'est moins beau.

    • Bref...Pendant qu’avec mes petits doigts j’accrochais les minuscules bougeoirs au sapin, maman et marraine suspendaient les boules délicates.

    • Regardez les enfants, certaines sont en formes d’oiseaux, d’autres imitent une goutte, ou une pomme de pin, ou même un ange.

     

    Au fur et à mesure que la grand-mère nommait la forme d’une boule, elle la sortait de la boîte et la tenait devant les yeux émerveillés de ses petits-enfants.

     

    «Waouh! Dit Angelina, elles sont mille fois plus belles que celles de chez Mamina, les siennes ne brillent pas comme çà et ne ressemblent pas à des oiseaux ou à des anges, elles sont justes rondes ou avec des paillettes collées dessus et en plastique…»

     

    «Et la crèche lança Maxime, comment était la crèche?»

     

    • Eh bien mon garçon ici aussi tu vas voir la crèche c’est toujours celle que nous mettions en ce temps-là, c’était le père José qui l'avait construite, il faisait partie de l’église Orthodoxe du village.

    • Il était menuisier au monastère et il avait décidé de me construire une crèche.

    • Regarde Maxime ce que tante Laure apporte là, la voici cette crèche, regardez mes enfants comme elle est belle, elle n’a pas changé depuis plus de 50 ans!

     

    Les yeux écarquillés, la petite ribambelle assaille grand-mère de questions : dis grand-mère c’est quoi çà? Et ceci ? demande Angelina.

     

     

     

    Et grand-mère avec une patience infinie, répondait à ses petits anges curieux et avides de tout connaître.

     

     

     

    • Alors, la veille de Noël en attendant de partir pour la messe de minuit à l’Eglise du village, maman allumait les bougies sur le sapin.

    • C’était pour moi un mystère de voir les guirlandes agitées et qui scintillaient avec la chaleur des flammèches.

    • Marraine allait chercher une boîte où était rangées  des baguettes fines, elle passait la flamme d’une allumette sur le bout de la baguette et mille petites étoiles éclataient, Comme c’était beau, des vingtaines d'étoiles d’argent crépitaient dans le noir, c’était merveilleux, magique... Oui magique…

    • Quand l’heure de partir pour assister à la messe de minuit était arrivée, marraine soufflait sur les bougies, alors une odeur de cire brûlée se répandait dans la pièce...

    • Maman alors m’emmitouflait dans mon manteau, puis mettait un gros bonnet sur ma tête et une écharpe croisée sur la poitrine.

    • Elle me chaussait de grosses bottines fourrées et nous prenions le chemin de l’Église.

    • Sur le chemin qui descendait au village, nos pieds faisaient crisser la neige durcie par le gel.

    • Lorsque nous pénétrions dans l'Eglise, mes yeux étaient émerveillés devant l'immense crèche illuminée qui se trouvait à droite de l’autel.

    • Il me semble encore entendre les cantiques chantés avec ferveur par les gens du village, c’était très émouvant, j’en avais des frissons, tant c’était beau.

     

     

     

    «Oh oui mamy cela devait être magique dit Maxime, magique et merveilleux.»

     

    • Dommage, aujourd’hui cela n’existe plus il n’y a plus cette ambiance chaleureuse des nuits de Noël de mon enfance répondit grand-mère.

    • Quand la messe était terminée, la sœur de monsieur le curé offrait un verre de vin à la cannelle aux adultes et un bol de chocolat chaud aux enfants.

    • Puis chacun se souhaitait un bon Noël et la foule se dispersait, les gens rentraient chez eux, les épaules enfoncées dans leurs gros manteaux, bras dessus, bras dessous.

    • Une à une les lumières aux fenêtres des maisons s’éteignaient, un grand calme enveloppait alors le village, qui s’endormait recouvert de son épais manteau de neige.

    • Le lendemain, les oncles, les tantes et les cousins, cousines arrivaient des villes voisines, dans chaque chaumière un festin était servi, c’était alors la fête.

     

    "Vous ne faisiez pas de réveillons le soir de Noël? Et le père Noël ne déposait pas de cadeaux sous le sapin? " demanda Maxime.

     

    • Cela n’existait pas à mon époque mon grand, il y avait juste saint Nicolas qui passait la nuit du 5 au 6 décembre.

     

    Angelina, Maxime, Angelo et Gianni se précipitèrent alors tout  autour de la grand-mère, Maxime dit alors...«T'en fais pas mamy pour Noël tu auras plein de cadeaux de nous tous... Et il plaqua un gros baiser résonnant sur la joue ridée de sa grand-mère.

     

    - Ah mes chéris, vos parents m'ont déjà offert un merveilleux cadeau, c'est de vous voir là tous les quatre réunis autour de moi.

     

    Tout à leur joie, des étoiles pleins les yeux, les enfants ne voient pas les larmes glisser le long des joues ridées de leur grand-mère.

     

    Grand-mère, toujours perdue dans ses souvenirs et épuisée par tant d'agitation autour d'elle s'endort le menton sur sa poitrine.

    Les enfants quittent la pièce sur la pointe des pieds, mais bien vite, dehors ils laissent éclater leur bonheur en pensant à la fête du lendemain soir.

    6
    Dimanche 18 Décembre 2016 à 21:40

    J'espère ne pas en avoir oublié !

    Bisous

      • Lundi 19 Décembre 2016 à 05:19

        Bonjour Kimcat et mille mercis, je vais pouvoir l'imprimer pour l'offrir aux enfants, bonne journée bisous

    7
    Dimanche 18 Décembre 2016 à 22:55
    Marenostrun

    Tu as aussi le talent del'écriture!!!!!

    Bises Francine

      • Lundi 19 Décembre 2016 à 05:20

        Bonjour Jacqueline oui j'aime écrire j'ai un fichier rempli de petites histoires qui dorment là elles attendent juste d'être corrigée car je ne suis pas un as de l'orthographe, merci ah oui tes douceurs que tu m'a envoyées sont délicieuses:-)) bisous

    8
    Lundi 19 Décembre 2016 à 06:46

    je te souhaite une belle journée

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