Par cigalette 106
Bonsoir, je vous offre mon article que j'ai écris pour la cinquième des Anthologies éphémères, il m'a été inspiré par le cahier de ma regrettée amie Marie que j'avais retrouvé dans les caisses de cahiers scolaire.
Pour plus d'informations sur ce cinquième livres pour l'association" rêve " merci.
Bonne soirée Cigalette
Le cahier à remonter le temps
Encore une caisse de vieux cahiers a trier.
Histoire, géographie, arithmétique, devoirs, poésies.
Chaque matière ainsi que le nom, prénom de l'élève sont notés sur une étiquette collée en haut sur le papier bleu qui recouvre le cahier.
Je les feuillettes et je me remémore mes propres années scolaires, car en faite Camille n'est que de deux ans ma cadette.
Je garde juste ceux qui ont deux ou trois pages d'utilisées, les autres je les déposes dans le carton " papier ".
Soudain mes yeux s’arrêtent sur un cahier dont la couverture est totalement différente des autres.
Celle-ci n'est pas recouverte, la couleur et la texture imite le cuir, les coins sont arrondis, usés et cornés.
La reliure est faite avec deux agrafes qui sont complètement rouillées.
Lorsque j'ouvre le carnet de devoirs à la première page ma vue se brouille, je frotte mes yeux afin de vérifier si je ne suis pas occupée à rêver!
La date fait palpiter mon cœur sous mon pull, les lettres ont été tracées avec une plume sergent major et de l'encre noir.
Mes mains tremblent en découvrant la date puis en lisant la dictée rédigée par mon amie Marie alors qu'elle n'avait que treize ans.
Bomal le 8 septembre 1941!
Dictée La rentrée
Je vais vous dire ce que me rappelle tous les ans le ciel agité de l'automne et les feuilles qui jaunissent dans les arbres qui frissonnent ; Je vais vous dire ce que je vois quand je traverse le parc dans les premiers jours d'octobre, alors qu'il est un peu triste et plus beau que jamais car c'est le temps où les feuilles tombent une à une sur les blanches épaules des statues.
Ce que je vois alors dans ce jardin c'est un petit bonhomme qui les mains dans les poches et sa gibecière au dos s'en va au collège en sautillant comme un moineau.
Ma pensée seule le voit, car ce petit bonhomme est une ombre, c'est l'ombre de moi que j'étais il y a vingt-cinq ans.
Je tient entre mes mains un cahier à remonter le temps.
En ce jour du vingt deux avril deux mille dix sept à exactement quinze heures douze minutes, j'ai fait un bond en arrière de septante six ans !
En quelques secondes, le vieux cahier de Marie m'a projetée au lundi huit septembre mille neuf cent quarante et un.
En plein cœur de la grande guerre...
Ce carnet aux feuilles jaunies où sont tracées de jolies lettres à l'encre noir est pour moi le plus précieux des trésors, c'est une richesse inestimable.
C'est un cahier âgé de septante six ans!
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