Par cigalette 106
Texte de Victor Georges, poète Liègeois.
Parce qu'il est angoisse, l'homme, en lui-même, se renie.
Il n'est plus sa solive!
Il n'est plus son appui, il fuit dans son propre refus pour tenter de devenir un autre.
Un autre? Changer de forme? Se cacher derrière un masque? Pour fuir l'époque? Pour se sauver prestement hors du temps?
Mais le temps n'est-il pas notre union la plus profonde?
Le temps est plus qu'un berceau et un cercueil, c'est ce qui doit devenir en pensée, se qui détruit pour s'accomplir, c'est le bief supérieur du grand moulin...
Du grand moulin?
Oui! Le moulin du sang des races!...
Expliquez-moi!
L'avenir est le panier à provision du passé, pure mémoire, pur achèvement et pure vérité!
Ce qui est se rue sur ce qui est à venir.
Ce qui sera, rebondit dans le tain de sa lumière, vers ce qu'il a été.
Essence et vérité, dans le haut miroir, le temps se rejoint.
Il est vie, poursuite, resplendissement, esprit, il est l'équivalence de l'homme.
Mais l'angoisse à cause de quoi?
Parce que nous ne vivons qu'à partir de ce qui sera, et nous sommes tous désignés pour la mort.
Victor Georges
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